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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Requin, mon agent de liaison auprès de larmée dOrient.

Cette situation minquiétait davantage à mesure queles événements se précipitaient, et que larmée de Salo-nique pouvait être appelée à jouer un rôle décisif.

Le 25 août, profitant de ce que lattitude de la Grèce se faisait plus trouble, et à la suite dun télégramme deM. Guillemin, notre ministre à Athènes , qui parlait dela mainmise de lAllemagne sur la Grèce , je téléphonaiau président de la République pour lui proposer denvoyermon chef détat-major à Athènes ou à Salonique . Le généralde Castelnau aurait fait dune pierre deux coups : il auraitdémêlé les intentions du gouvernement grec et il se seraitrendu compte sur place de la situation de larmée alliée.

Le 25 août, à 10 heures, un coup de téléphone du gé-néral Duparge, de la Présidence, me convoquait à lÉly-sée le jour même à 15 heures. A cette réunion prirentpart, sous la présidence de M. Poincaré, le président duConseil, les ministres de la Guerre et de la Marine, le gé-néral de Castelnau et moi. On envisagea la situation àAthènes et la possibilité pour les Allemands denvoyeren Grèce des forces dont lapparition eût sans doute dé-clenché les hostilités grecques contre nous. On étudia descontre-mesures, lenvoi dune force navale au Pirée etdune brigade mixte à Athènes . En ce qui concernait levoyage de Castelnau, le président du Conseil fit daborddes réserves, puis jarrivai à le convaincre de la nécessitéde savoir exactement ce qui se passait à larmée dOrient.M. Briand en tomba daccord. Toutefois, on ne réglapas les pouvoirs à confier au général de Castelnau, tantdans ses fonctions politiques que dans ses attributionsvis-à-vis du général Sarrail.

Le soir, en rentrant à Chantilly, je fis établir une notedestinée au président du Conseil pour préciser mon pointde vue.

Le lendemain, dans laprès-midi, je reçus la visite deM. Albert Thomas qui me donna quelques précisions surle Conseil des ministres qui sétait tenu le matin même.MM. Bourgeois et Painlevé sétaient opposés au départ