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2 (1932)
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LE COMITÉ SECRET

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Je ne pus que mincliner devant ce jugement, puisquejavais accepté la procédure dont il nétait que la conclu-sion. Mais le général Roques venait de créer une situationà laquelle M. Briand ne sétait certainement pas attendu.La campagne parlementaire se trouva brusquement ali-mentée par cet incident dans lequel on ne pouvait pasne pas voir un désaccord entre le ministre et moi. Les échosde cette agitation me parvinrent de diverses sources. Déjàil était question dun nouveau Comité secret. On comptaity aborder les événements de Roumanie qui prenaientune tournure de plus en plus grave, la question des opé-rations de la Somme, celle des pertes ; à toutes ces inter-pellations viendrait se joindre, tout naturellement, laquestion du commandant de larmée dOrient.

Jeus confirmation de tous ces bruits le 24 novembre.Ce jour-, le président du Conseil vint déjeuner chez moi,6 rua Michel-Ange , avec le général Roques. La situationpolitique intérieure apparaissait assez grave aux deuxministres ; toutefois, M. Briand avait confiance dans lissuede cette nouvelle crise, tandis que le général Roques semontrait moins optimiste. Ils ne dissimulaient ni lun nilautre que le haut commandement ressentirait le contre-coup de cet assaut parlementaire.

En effet, le Comité secret fut voté, et son ouverture fixéeau 28 novembre.

Jappris dautre part quau Conseil des ministres, aucours duquel le général Roques avait rendu compte de samission à Salonique , il avait fait nettement léloge dugénéral Sarrail, mettant sur le compte de linsuffisance deson état-major les lacunes quon avait pu constater. Puis,en manière de conclusion, le général Roques avait suggéréquil importait de soustraire larmée dOrient à ma direc-tion ; il fit connaître quil préparait un décret tendant àmodifier celui de décembre 1915.

Au Conseil des ministres suivant, qui eut lieu le 27 no-vembre, cest-à-dire la veille du Comité secret, le ministrede la Guerre apporta le projet de décret quil avait préparélui-même, aux termes duquel la direction de la guerre pas-