MON DÉPART
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des ministres touchant les attributions du nouveau mi-nistre. Après réflexion, je décidai d’attendre les résultatsde l’entretien que je devais avoir le lendemain matin avecle président du Conseil. Et je contremandai le départ de monétat-major pour Neuilly , qui était fixé au lendemain matin.
Le 24 au matin, les journaux m’apportèrent le résultatdu Conseil des ministres de la veille au soir, auquel legénéral Lyautey avait assisté.
« Il a été décidé, disait le communiqué de la presse, quetoutes les questions concernant la préparation et l’entretiende la guerre seraient instruites et rapportées sous la directiondu ministre de la Guerre, qui est chargé de notifier aux mi-nistres intéressés et aux généraux en chef les décisions priseset d’assurer la coordination nécessaire à leur exécution. »
Ce texte était suffisamment clair pour me montrer qu’àl’inverse de ce que m’avait dit le colonel Pénelon, l’arrivéedu général Lyautey ne modifiait en rien la situation.
Je me rendis donc à Paris pour y voir un de mes amispersonnels très au courant des milieux gouvernementauxet politiques, M. Maurice Sarraut, pour prendre son avis.Il me conseilla de poser au gouvernement au sujet de masituation des conditions très nettes et très fermes. Au casoù mes propositions ne seraient pas agréées, son avisétait conforme au mien : ne pas accepter une situationamoindrie et démissionner.
En rentrant à Chantilly j’appris que le général Lyauteyavait fait téléphoner que, ministre de la veille au soir,il aurait voulu se rendre dans la journée même au grandquartier général, mais que, retenu à Paris, il était obligéde remettre sa visite au lendemain 15 h. 30. Je fis ré-pondre que, devant aller moi-même à Paris le 25 poury voir M. Briand, il était inutile que le ministre se déran-geât, que je me rendrais moi-même au ministère à l’heurequ’il avait indiquée pour sa visite à Chantilly.
Le 25 à 9 h. 30, j’arrivai au ministère de la Justice oùlogeait M. Briand. Je le trouvai malade à la suite du sur-menage des jours précédents : il s’excusa d’être encore dansson lit pour me recevoir.