LA. BATAILLE DE VERDUN
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bordonnait le général Herr au général Pétain pour luifournir tous les renseignements qui lui étaient nécessaires ;quant à l’état-major de la région fortifiée de Verdun, ildevait être employé progressivement à renforcer les états-majors des corps d’armée nouvellement arrivés dans lazone de bataille.
Ce délicat problème recevait ainsi une heureuse solu-tion qui devait sauver Verdun ! Encore une fois, la sta-bilité du front allait dépendre, en grande partie, de la fer-meté du commandement. Aussi, lorsque dans la soiréedu 26, j’appris que la division Bonneval qui tenait les côtesde Talou et du Poivre, s’étant crue menacée d’un mouve-ment tournant sur sa droite, s’était repliée sur Froide-Terre, je crus nécessaire de rappeler à tous la nécessité,dans les conditions actuelles, d’observer avec la plusextrême rigueur l’ordre donné de résister sur la rive droitede la Meuse au nord de Verdun . Je prescrivis de traduireen conseil de guerre tout chef qui donnerait un ordre deretraite. Déjà le 22, le général Bapst avait fait évacuerBrabant dans des conditions assez discutables ; aujourd’hui,le général de Bonneval la côte du Poivre ; il fallait prendredes mesures urgentes ; je prescrivis au général de Castelnaude faire une enquête ; cet ordre se croisa d’ailleurs avecune lettre de lui où il me proposait de son côté de faire passerle général de Bonneval en conseil de guerre (1).
Le repli de nos troupes de Woëvre sur les Hauts deMeuse , décidé le 24 parle général de Langle, s’était exécutéen bon ordre ; le 25 au soir, le fort de Douaumont avait étéenlevé par surprise, mais le 26, on avait l’impression quel’ennemi renonçait à progresser par le bord même de laMeuse , en raison des flanquements puissants et efficacesréalisés de la rive gauche ; d’ailleurs, la situation matérielleet morale s’affirmait comme bien meilleure, et le soir, legénéral de Castelnau m’écrivait que si nous pouvionsgagner deux ou trois jours qui permettraient au général
(1) A la suite de l’enquête faite, les généraux Bapst et de Bonnevalfurent relevés de leur commandement.