LA BATAILLE DE LA SOMME
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dépassa la voie ferrée de Cléry à Combles , capturant1 200 prisonniers et un nombreux matériel.
Par contre, le 30, une nouvelle attaque échouait totale-ment.
La bataille de Verdun et le début de celle de la Somme,s’ajoutant aux pertes des dix-huit premiers mois de laguerre dont nous avions, sur le front occidental, porté lepoids principal, n’avaient pas été sans créer une situationassez inquiétante dans nos effectifs.
Le 19 juillet, j’adressai au ministre de la Guerre unelettre dans laquelle j’appelais son attention sur cettequestion.
Au 1 er juillet 1916, le déficit des unités du front étaitde 92 000 hommes. Il y avait déjà dans les formationsde l’avant 78 000 hommes de la classe 1916. Le reliquatde cette classe s’avérait insuffisant pour combler les videsexistants et ceux que la continuation de la lutte n’allaitpas manquer de créer. Je demandai, en conséquence,l’appel des classes anciennes pour libérer des classes plusjeunes employées aux travaux, l’envoi de la classe 1917dans les centres d’instruction du front pour y remplacerles éléments de la classe 1916, et la révision de la classe 1918.Je faisais d’ailleurs remarquer dans ma lettre qu’en Alle-magne, la classe 1918 était déjà incorporée et la classe 1919recensée.
Mais, en revanche, notre matériel continuait de suivreune progression satisfaisante. Je me suis longuementétendu sur cette question. Je donnerai ici seulement, parquelques chiffres, une idée de l’intensité de notre effort.Nous avions maintenant 2 300 batteries en service, alorsqu’en temps de paix nous n’avions que 720 batteries decampagne, et 160 batteries à pied. Notre productionjournalière d’obus atteignait :
155 000 obus de 75.
10 000 obus spéciaux.
65 000 obus d’artillerie lourde et d’A. L. G. P.
soit 230 000 obus de tous calibres par jour.