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2 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFUIE

dOrient, sortant progressivement de ses lignes, vint sedéployer en avant du front fortifié et entama les travauxpréparatoires à une offensive éventuelle. Cette attitudene troubla dailleurs pas la sérénité de lennemi qui enlevasuccessivement du théâtre macédonien la presque tota-lité des divisions allemandes qui sy trouvaient.

Poursuivant, dautre part, lexécution des décisionsprises le 12 mars, jarrêtai le 25, et notifiai au généralSarrail les conditions dans lesquelles larmée françaisedOrient serait organisée en vue de la guerre de mon-tagne. Cette transformation, immédiatement entamée, étaitterminée le 1 er juillet.

Il ne fut pas aussi facile dobtenir la réorganisation delarmée britannique sur le type alpin. Sous divers pré-textes, létat-major impérial, qui navait accédé quà contre-cœur aux conclusions de la conférence du 12 mars tou-chant les affaires dOrient, chercha à éluder les engage-ments, à la vérité un peu vagues, quil avait pris.

Je ne tardai pas à mapercevoir que lobstruction que jeconstatais dans cet ordre didées nétait quune manifesta-tion de lopposition de principe du gouvernement bri-tannique à toute opération dans les Balkans, oppositionà laquelle je métais heurté déjà et qui allait nécessiterde nouvelles et laborieuses négociations.

Dans le courant des mois de mars et davril, les retraitsdes forces ennemies sur le front macédonien me permet-taient de conclure que les démonstrations offensives dugénéral Sarrail nétaient pas suffisantes pour fixer lennemi.Javais été amené à penser que larmée dOrient devaitse mettre en mesure de prononcer une véritable attaquecontre un ennemi affaibli, aussitôt que larmée serbe auraitété transportée à Salonique. Par surcroît, cette attitudede larmée dOrient aurait une influence certaine sur lesdécisions de la Roumanie travaillée en ce moment par ladiplomatie de lEntente. Il me paraissait, en tout état decause, absolument inadmissible que 300 000 hommes detroupes alliées restassent larme au pied, tandis que lalutte générale était sur le point de sengager.