l’armée d’orient
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l’armée d’orient
Il me faut maintenant revenir en arrière pour précisermon action sur l’armée d’Orient, pendant l’été et l’au-tomne 1916.
On se rappelle qu’au début de juillet, l’attitude dugouvernement anglais , longtemps réfractaire à toute actionen Orient, s’était heureusement modifiée et que le WarCommittee avait décidé, le 13, de hâter l’organisation etl’équipement des divisions britanniques d’Orient, pourleur permettre de prendre part à l’offensive que je pro-jetais.
En notifiant cette heureuse nouvelle à Sarrail, je luidemandai d’établir un plan d’opérations offensives mettanten œuvre toutes les forces réunies à Salonique et conçudans le cadre de la mission générale qui paraissait devoirleur incomber, à savoir : couvrir indirectement la mobili-sation et la concentration roumaines, agir en combinaisonavec les forces russo-roumaines, opérant au sud du Danube ,dans le but d’obtenir la destruction des forces bulgares.
Le 22 juillet, nous réglâmes, le général Robertson et moi,cette mission générale ; nous fixâmes les conditions danslesquelles s’exercerait le commandement du général Sarrailà l’égard des forces britanniques et nous approuvâmes lesgrandes lignes du plan d’opérations qui nous avait étésoumis.
L’entente ainsi réalisée constituait un progrès sérieux.On pouvait cependant regretter que le haut commande-ment britannique n’eût pas admis une subordinationentière du général Milne au général Sarrail et n’eût pascompris que l’exercice du commandement s’accommodemal « d’avis préalables » à demander aux exécutants. Legénéral Milne, placé entre son gouverneur et le généralSarrail dont les décisions pouvaient diverger, se trouvaitplacé lui-même dans une situation difficile.
Quant au plan, il comportait une offensive générale