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2 (1932)
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409
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MES RELATIONS AVEC LA POLITIQUE 409

ne me demandait pas une réponse immédiate, mais ildésirait lavoir pour le lendemain, à 9 heures du matin, àlouverture du Conseil des ministres.

Accessoirement, je manifestai le désir de conserverauprès de moi le général Pellé. Pelle était V intelligence laplus ouverte, la plus déliée que jaie peut-être rencontréedans ma carrière. Doué dune puissance de travail prodi-gieuse, dun dévouement à toute épreuve, d'une largeur devues, dune finesse qui doublaient dun admirable diplo-mate le magnifique officier que javais auprès de moi depuisde longues années, je regardais comme une injustice etcomme une faute de se priver de ses services.

M. Briand qui le connaissait, en convint. Mais il medéclara quil n'était plus possible de revenir sur la décisionprise, et que le général Pellé devrait aller prendre un com-mandement.

Cest ainsi que la politique applique le principe « del'utilisation des compétences ».

Nous parlâmes également du prochain départ du généralde Castelnau. Le président de la République mavait,quelques jours auparavant, laissé entendre quune grandepartie de la Chambre désirait le voir écarté du grand quar-tier général. Je demandai à M. Briand ce que deviendraitle général de Castelnau à son retour de Russie . Le présidentdu Conseil me répondit que les partis de droite de la Chambreréclamaient pour lui le commandement dun groupe dar-mées. Personnellement M. Briand était favorable à cettesolution qui contribuerait à lui assurer une majorité, et ilny avait rien à y redire puisque le général de Castelnaucommandait déjà un groupe darmées en 1915, quand jelavais appelé auprès de moi, en décembre de la même année.

Je rentrai à Chantilly vers 17 h. 30. Dans la soirée,M. Étienne téléphona et demanda à ce que je le reçoivele lendemain à 7 heures. Il vint, en effet et me dit que laveille au soir, il avait été chargé par M. Briand, qui con-naissait nos relations damitié, de minciter à accepter lespropositions que celui-ci venait de me faire, et il fit appelà mon patriotisme pour me pousser à les accepter.