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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
été l’objet au cours des journées précédentes. Une pareilleréception nous était réservée à Springfield, où j’allaissaluer la tombe du président Lincoln.
Le 8 mai, nous saluions les populations d’Indianapolis et de Colombus.
Le 9, nous arrivions à Philadelphie où les mêmesdémonstrations d’amitié se renouvelèrent.
Dans le hall où fut signé l’acte d’indépendance des États-Unis , on m’offrit un bâton taillé dans une poutre du vieuxhall.
J’allai ensuite me recueillir un instant devant la tombede Benjamin Franklin , et je garde précieusement un autresouvenir de mon passage à Philadelphie : une copie exactedu premier drapeau des États-Unis que la Betsy RossAssociation voulut bien m’offrir. Enfin, je reçus le titrede docteur en droit de l’Université de Pensylvanie.
Dans l’après-midi, nous entrions à New-York . Bien queje fusse maintenant habitué à la chaleur des récep-tions américaines, notre arrivée à Battery Place dépassa,je crois, tout ce que nous avions vu et ressenti jusque-là.Le cortège se fraya un chemin à travers une foule qu’onpeut évaluer à un million de personnes ; le défilé dansBroadway donnait à la lettre l’impression d’une merhumaine ; à City Hall, l’enthousiasme de la population sedéchaîna quand le maire, M. John Purroy Mitchell , voulutprésenter à l’assistance les membres de la mission fran-çaise. Ensuite M. Choate prononça également quelquesmots chaleureux qui provoquèrent à nouveau les clameursenthousiastes de la foule.
J’étais l’hôte de M. Frick, qui avec une grande déli-catesse mit toute sa maison à ma disposition.
Le 10 mai se poursuivirent les manifestations popu-laires les plus touchantes ; au Central Park on me remitune réduction de la statue de la Liberté qui me fut offertepar souscription. A Brooklyn , on me demanda d’inaugurerune statue de La Fayette et on m’offrit une épée. A laMerchants Association, à l’Université de Colombia , où jereçus le titre de docteur en droit, au gala de l’Opéra, où