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in-folio publiée en 1476 (vers août). Ce fut la première éditée en France , le premierlivre aussi qui indiqua l’enseigne au Soleil d’or, et c’est probablement encore là quepour la première fois des imprimeurs établis en France mirent des signatures au bas desfeuillets. Ici il n’y en avait que dans la table, à la fin du second volume; un peu plustard, elles furent appliquées partiellement dans un recueil de traités de François dePlatea (4 janvier 1477); elles se trouvèrent enfin d’un bout à l’autre du livre dans leManuale confessorum de Jean Nyder (5 avril 1477).
Friburger et Crantz abandonnèrent l’entreprise commune après le 30 janvier 1478, onne sait à la suite de quelles circonstances: ils disparurent, laissant leur atelier à Gering.Celui-ci ayant procédé à une nouvelle fonte, employa désormais des types romainsd’une forme très élégante, qui parurent pour la première fois dans une édition du Prae-ceptorium de Nyder, le 20 avril 1478 43 . Pendant deux années complètes, il resta seulà poursuivre ses travaux typographiques en la maison du Soleil d’or; puis il forma avecGeorges Maynyal 44 une association qui dura du 22 avril 1480 au 10 mars 1481 4S .
La rupture du nouveau contrat laissa encore à Gering tout le poids de la conduite deson atelier. Il semble alors avoir éprouvé un certain découragement ou être resté sansressources suffisantes; car, jusqu’à la date du 9 mars 1484, il n’imprima que de raresouvrages 46 , et plus rien pendant de longues années. La concurrence de presses tropvoisines le força sans doute à quitter la rue Saint-Jacques et à louer, en 1484, la maisondu Buis en la rue de la Sorbonne 47 , où il plaça son enseigne du Soleil d’or. Mais, à cemoment, il abandonnait la direction de son atelier: la même année, une édition du Dequatuor virtutibus de Dominique Mancini paraissait avec ses caractères romains, maiselle était signée du nom de l’AllemandJean Higman, sans doute un de ses anciens ouvriers.
Il est difficile de suivre les destinées de cette imprimerie pendant les années suivantes.On retrouve les types romains de Gering uniquement employés dans les livres que JeanHigman et Wolfgang Hopyl vendirent de 1488 à 1491 48 ; mais Higman demeurait en larue du Clos-Brunel, à l’enseigne des Lions, tandis que Hopyl était en la rue Saint-Jacques.On a dit 49 , il est vrai, que ce dernier n’était que libraire et que les ouvrages signés parlui sortaient en réalité de chez Higman. Soit, mais une autre difficulté surgit: en 1489,Georges Wolf, de Bade, très probablement ouvrier ou élève de Gering, se servait desmêmes caractères dans la maison du Soleil d’oH 50 , en la rue de la Sorbonne. Si, en 1490,il travailla au Château Pers, près du collège de Boncourt 51 , dès le 12 juin 1491, il étaitrevenu dans son atelier primitif 52 . Il y resta toute l’année 1492, et ajouta aux séries detypes romains déjà connus, plusieurs autres sortes de caractères.
Son séjour n’y fut pas long: à la date du 16 avril 1493, Wolf avait quitté le Soleil d’oret était installé à l’image Sainte-Barbe depuis assez de temps pour s’être procuré unnouveau matériel et avoir imprimé les 122 feuillets in-4° d’une édition de l 'Ethique àNicomaque. Gering avait-il dans le même temps repris ses travaux? On ne sauraitl’affirmer positivement. S’il le fit, c’est sous le nom du libraire Guillaume Prévost 53qu’il vendit d’abord ses ouvrages; du moins on peut le supposer d’après le colophondes Statuta synodalia diocesis Andegavensis, achevés le 2 mai 1494 54 . Mais, six joursaprès, il signait de son propre nom et de celui de son collaborateur, le StrasbourgeoisBerthold Rembolt, une ipmression de S. Augustin 55 . L’atelier du Soleil d’or, grâce à cettedernière association qui dura jusqu’à la mortde Gering (23août 1510), brilla d’un nouveau
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