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Festschrift zum fünfhundertjährigen Geburtstage von Johann Gutenberg / im Auftr. d. Stadt Mainz hrsg. von Otto Hartwig
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LIMPRIMERIE EN FRANCE AU XV<= SIÈCLE.

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A TROYES , siège de foires importantes, les éditeurs parisiens ne manquaient pasde venir vendre leurs ouvrages, le premier livre daté (Breviarium Trecense, 20 septembre1483) fut imprimé par Jean Le Rouge, à qui lon commanda les 500 exemplaires desLettres doctroi des foires de la ville, distribués dès la fin de 1486. Puis, Guillaume LeRouge vint continuer ses débuts par une Danse macabre (1491), historiée avec une sériede bois gravés daprès Guy Marchand. Il réimprima, deux ans après, ses Expositions desevangilles (31 mars 1493) et disparut ensuite de Troyes 100 . On a supposé quil était alléà Paris prendre la direction de latelier paternel, en laissant son imprimerie à son parentNicolas Le Rouge 101 , qui aurait édité avant la fin du XV e siècle les Privilégia FratrumMinorum et Praedicatorum (1496) et une Grant danse macabre, copieusement illustrée 102 .

Dautre part, le même Guillaume semble bien avoir fourni une partie de son matériel,au moins des bois gravés, à Guillaume Tavernier, qui publia à PROVINS la Règle desmarchands (1 er octobre 1496) 103 . Jean Trumeau, le libraire provinois qui imprima versla même époque les Sept Pseaulmes en françoys et les Vigilles des morts, avec gravures,se ressentit également beaucoup de linfluence des typographes parisiens, avec lesquelsil se trouvait, à loccasion des foires, en relations constantes 104 .

La ville voisine de CHÂLONS-SUR-MARNE ne pouvait pas manquer dêtre dans lemême rayon daction. On levitbien, lorsque, le24juillet 1493, ArnouldBocquillony publiason unique ouvrage connu, le Diurnale ad usum ecclesiae Cathalaunensis, avec des typesgothiques qui provenaient certainement de Paris , peut-être de latelier dejean Trepperel.

Des relations ont existé encore très fréquentes entre Paris et POITIERS 105 . Les carac-tères, qui ont été employés depuis 1479 dans cette dernière ville, mélangés avec quelqueséléments étrangers quil nest pas toujours facile de déterminer 106 , se rapprochent éton-namment des types parisiens de la même époque, et quand ils furent usés cest à Paris que lon prit modèle pour de nouvelles fontes.

Le premier livre daté de Poitiers fut le Breviarium historiale de Landolfe de Colonne,qui fut achevé dimprimer près de Saint-Hilaire dans la maison duntrès illustre® chanoinede cette église 107 , le 14 août 1479. Le typographe ne sy nommait pas, mais on trouvason nom sur le troisième ouvrage poitevin, qui fut signé, le 25 juin 1483,per magistrumJohannem, Stephanumque de Gradibus". M. de La Bouralière a traduit: par maîtreJean de Gradi et Étienne de Gradi. Jean de Gradi serait le Milanais, qui fut plus tardprofesseur de droit à Lyon. Il aurait imprimé jusque vers 1487 à Poitiers et aurait cédéson atelier à Étienne Sauveteau, qui, vers cette époque, édita un Bréviaire dAuch , avecle concours dun certain Guillaume X ... Sa thèse, malgré certaines lacunes 108 , doit êtreprise en sérieuse considération, surtout en présence des nombreuses objections que sou-lève le système contraire. M. Claudin en effet a vu dans les souscripteurs des Casuslongi dÉlie Régnier, Jean Bouyer et son aide Étienne des Degrez.

On est daccord pour reconnaître que le prêtre Saintongeais, Jean Bouyer 109 , étaitréellement à la tête de limprimerie, lorsquil édita (vers 1490) les Heures dAngers avec la collaboration de Pierre Bellesculée, qui arrivait de Rennes . Ce dernier ne resta que peu de temps et céda la place à Guillaume Bouchet , dont le nom se trouve accoléà celui de Bouyer depuis le 12 septembre 1491 jusquen 1515.

Poitiers fut certainement au XV e siècle un des centres typographiques les plus pro-ductifs ; ses éditions ont une physionomie française, pour ne pas dire parisienne, que nous