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Festschrift zum fünfhundertjährigen Geburtstage von Johann Gutenberg / im Auftr. d. Stadt Mainz hrsg. von Otto Hartwig
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L.-H. LABANDE

relevons également dans les impressions normandes, et tout dabord dans les ÉpîtresdHorace, que Jacques Durandas et Gilles Quijoue publièrent à CAEN , le 6 juin 1480.Cest dailleurs le seul livre connu jusquaujourdhui de ces deux typographes, quidisparurent, laissant aux libraires de lUniversité, Pierre Régnault, Robinet Macé etMichel Angier, le champ libre pour leurs importations dimpressions parisiennes etrouennaises' 10 .

A ROUEN , en effet,lart typographique 111 , malgré son éclosion tardive 112 , eut un brillantépanouissement. En mai 1487, apparaît seulement le premier ouvrage à date certaine im-primé en cette ville : ce sont les Chroniques de Normandie, éditées par Guillaume LeTalleur,natif et demourant à la paroisse Saint- 113 , qui exerça au moins jusquau18 décembre 1490 114 . Pendant quil composait ses Chroniques, le chapitre de la cathédralecommandait à un libraire rouennais, Gaillard Le Bourgeois, 2.500 exemplaires imprimésdes brevets relatifs aux permissions du Carême de 1487; deux ans après, il en réclamaitencore 5.000 115 . Ce libraire nest pas un inconnu : la première édition du célèbre romande Lancelot du Lac, parue en deux volumes, portait comme souscription du tome I:A Rouen, en lostel de Gaillard Le Bourgois lan de grâce mil cccc.nu xx . et huyt,le xxmi. jour de novembre, par Jehan Le Bourgois" 116 . Chose remarquable, le tomeII était achevé dimprimer à Paris par Jean Dupré; cétait du reste avec les caractèreset les bois de Dupré que Jean Le Bourgeois avait composé le premier volume. Ce typo-graphe rouennais compléta encore ses assortiments à Paris, chez Trepperel et Levet enparticulier. Ses relations avec la capitale étaient constantes : il travaillait même pour lecompte dAntoine Vérard en 1489 117 .

Jean Le Bourgeois et Guillaume Le Talleur nont pas laissé un nom aussi illustre queleur compatriote Martin Morin: une légende concernant ce dernier la même représentéallant chercher en Allemagne les secrets de limprimerie et introduisant cet art en France et à Rouen 118 . En réalité on ne lui connaît pas dédition avant le 22 juin 1490 119 et commeses premiers livres ont une parenté évidente avec ceux de Guillaume Le Talleur, on asupposé avec quelque vraisemblance quil avait pris, sinon sa succession complète, aumoins son fonds datelier. Établi à limage Saint-Eustache, près le prieuré de Saint- ,il mérita par son habileté la réputation dont il jouit en France et en Angleterre , partout sétendaient ses relations commerciales 120 . Le Missel de Rouen , en particulier, parule 26 mars 1500, fut un véritable chef-doeuvre.

A la fin du XV e siècle, vivaient et imprimaient encore à Rouen Jacques Le Forestier 121 ,qui eut jusquà trois adresses différentes de 1485 à 1500 122 ; M.-I. Le Forestier, qui tra-vaillait pour le libraire Thomas Laisné, avec Richard Goupil et Nicolas Mullot; JamesRavynel, qui exerçait dès le 15 janvier 1496 123 ; Guillaume Gaullemier 124 , GuillaumeTuvel 125 , Richard Auzoult 126 , Sylvestre Ramburitrus 127 et peut-être aussi GuillaumeBernard 128 , Laurent Hostingue et Jamet Louys 129 . Cette multitude de noms indiquedonc que, contrairement à ce qui eut lieu dans bien dautres villes, lart de Gutenberg ,implanté à Rouen dans un sol fertile, y jeta de profondes racines et fut de suite en pleineefflorescence.

Entre Rouen et Paris , dans un village du nom de GOUPILLIÈRES 130 , un prêtre,peut-être le curé de lendroit, Michel Andrieu, sadonna aussi, au moins temporairementà la typographie. Il fit venir des caractères, soit de la maison du Petit Laurens à Paris ,