Druckschrift 
Festschrift zum fünfhundertjährigen Geburtstage von Johann Gutenberg / im Auftr. d. Stadt Mainz hrsg. von Otto Hartwig
Entstehung
Seite
360
Einzelbild herunterladen
 

360

L.-H. LABANDE

pas dindications bibliographiques. Dailleurs, leurs éditions, à lexception des Auc-tores octo du 17 mai 1491 141 et du Grecismus dÉbrard de Béthune daté du 31 décembre1493, avaient à peu près disparu, quand M. L. Delisle a eu la bonne fortune den retrou-ver dautres ou dimportants fragments, dans les reliures de manuscrits qui avaient appar-tenu à Anne de Polignac 142 . Depuis, on est encore parvenu à leur attribuer de nouvellesimpressions avec plus ou moins de certitude 143 .

A Angoulême, nous sommes encore en pleine influence parisienne : Limoges et Péri-gueux en marquent à louest de la France les limites extrêmes. Latelier de Jean Berton,à LIMOGES 144 , qui publia (21 janvier 1495) le Bréviaire , puis (21 août 1500) le Misseldu diocèse 145 , comme dailleurs celui dejean Carant, à PÉRIGUEUX, qui donna en 1498le Resolutorium dubiorum circa celebrationem missarum dejean de La Pierre, peutmême servir de trait dunion entre les écoles parisienne et lyonnaise .

Ainsi donc, dans toute cette partie de la France que je viens de parcourir, cest auxFrançais quappartint la prépondérance. Les typographes allemands, dailleurs peunombreux, qui sy aventurèrent, nallèrent pas plus loin que Paris : cétait seulementquils avaient chance dêtre parfaitement accueillis et de fonder des établissementsdurables. Dans le sud et lest, nous allons le constater, les conditions de la vie étaienttout autres, les villes étaient plus ouvertes; éloignées de la capitale, avec laquelle ellesnavaient que peu de rapports, elles se rapprochaient beaucoup plus des cités rhénanespar leurs relations commerciales. Aussi laction des Allemands y fut-elle beaucoup plussensible.

§ III. ÉCOLE LYONNAISE.

LYON 146 était admirablement placé pour être le point de rencontre des voyageursvenant des villes rhénanes, de la Souabe, du nord de la Suisse , avec ceux qui arrivaientdu nord de lItalie , de lest et de tout le midi de la France 147 . Siège de foires impor-tantes, rendez-vous des commerçants de tous les pays, cette cité se trouvait sur la routequi mettait la Guyenne, le Languedoc et lEspagne en communication avec la Bour-gogne, lAllemagne et les Pays-Bas.

Aussi les imprimeurs se dirigèrent-ils nombreux vers une ville, dès les premierstemps les typographes allemands envoyaient vendre leurs livres 148 . Ce nest quen1473 149 , il est vrai, quon constate le fonctionnement de la première presse; mais presqueaussitôt on vit le nouvel art prendre à Lyon un très grand développement : de 1473 à 1500,on y a relevé plus de 160 noms dimprimeurs 150 . Or, la plupart dentre eux étaientoriginaires des pays germaniques : ceux-ci étaient même tellement nombreux, quavantle XVI e siècle on confondait tous leurs collègues avec eux sous la dénomination collec-tive dAllemands 151 .

Pendant les premiers temps au moins, ils furent, cela va sans dire, les fidèles disciplesdes maîtres qui les avaient formés ; mais, vivant dans un centre se rapprochaient lesinfluences germanique, italienne et française, ils prirent rapidement une physionomieà part, ils eurent un style et des procédés à eux, et exercèrent à leur tour une action surleurs voisins 152 .

Le milieu détermina encore le choix des ouvrages à éditer. A Lyon , pas dUniver-sité, pas de Faculté de théologie; par conséquent, les livres qui étaient recherchés en la