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Festschrift zum fünfhundertjährigen Geburtstage von Johann Gutenberg / im Auftr. d. Stadt Mainz hrsg. von Otto Hartwig
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L.-H. LABANDE

remarquer que, pour ce dernier labeur, Neumeister avait été obligé de sassocier avec unde ses collègues Michel Topié. Sa situation de fortune était restée en effet très précaire :en 1498, il navait plus de presse à lui et avait se placer comme ouvrier chez sonex-associé Topié. Il reprit plus tard (1503), il est vrai, le titre de maître, mais on na pasconservé le souvenir de ses nouveaux travaux. Sa vie, consacrée tout entière à lart typo-graphique quil avait étudié auprès de linventeur et quil avait propagé dans divers paysde lEurope, est un spécimen parfait de lexistence rude et active que mena plus dunimprimeur des premiers temps; à ce titre elle méritait ici une mention toute spéciale.

Michel Topié 210 , dont le nom vient dêtre prononcé, était natif de Pyrmont (diocèsede Münster). Associé avec lAllemand Jacques de Herrnberg 211 , il avait donné, le 28novembre 1488, le précieux volume des Saintes pérégrinations de Jérusalem , traduitde Bernard de Breydenbach par Nicolas Le Huen 212 . Cest que se trouvent, avecdautres gravures sur bois, les premières estampes sur cuivre en taille douce qui aientparu dans un livre français: or, elles sont imitées, presque servilement, des planchestaillées sur bois qu Ehrard Reuwich, à Mayence, avait intercalées moins de deux ansauparavant dans une édition latine du même ouvrage 213 . Dès le 7 novembre 1492,Jacques de Herrnberg sétait séparé de son compagnon, qui signa seul le Missel deClermont. Trois ans plus tard, on se le rappelle, Topié travaillait avec Neumeister,mais il devint bientôt lui-même le chef de la maison, Neumeister et François Dalmès 214(ancien patron lui aussi) nétaient plus quouvriers. Cest de que sortirent le Misselromain du 31 mars 1498, le Bréviaire dAix de 1499 et le Bréviaire de Saint-Ruf de 1500.

A Lyon Neumeister avait assisté à larrivée dun de ses compatriotes appellé à unecertaine renommée : Jean Trechsel 215 , de Mayence. Le premier atelier, que celui-ci diri-gea en 1487, dut ne produire que très peu, car on nen a pas encore signalé dédition. MaisTrechsel, ayant épousé la veuve de Nicolas Philippi, prit la succession industrielle decet imprimeur. Comme il fallait réassortir les caractères, il en grava une partie lui-même 216 et se procura le reste chez les fondeurs lyonnais 217 . Le 9 février 1489, parutson premier ouvrage dans cette nouvelle maison, et dès lors ses presses fonctionnèrentavec lactivité la plus féconde et avec le plus grand succès. Il est vrai quil eut le méritedattacher à son imprimerie un humaniste des plus savants, lillustre Flamand Josse Bade(Jodocus Badius Ascensius), qui, après avoir séjourné en Italie , était venu à Valencepuis à Lyon , professer les lettres grecques et latines. Lédition des Orationes et poe-mata Beroaldi, parue le 4 septembre 1492 218 , manifesta la part que prenait Josse Bade dans les publications de Trechsel: il préparait, corrigeait, annotait et commentait lestextes à imprimer 219 . Ces liens furent encore resserrés par le mariage de lhumanisteavec Thalie, fille dun premier mariage du typographe 220 . Grâce donc à cette précieusecollaboration, les éditions de Trechsel furent des plus recherchées; elles faisaient de luiun des plus importants imprimeurs lyonnais. Sa carrière, malheureusement, ne fut paslongue: il mourut pendant la composition des Libri canonis dAvicenne. Cet ouvragefut terminé, le 24 décembre 1498, par un autre typographe, Jean Klein, qui prit aussila suite de son établissement, en épousant sa veuve; celle-ci contractait ainsi un troisièmemariage. Quant à Josse Bade , en relations constantes avec les éditeurs parisiens, il serendit aux exhortations de Robert Gaguin 221 , et alla sétablir à son tour à Paris commelibraire et imprimeur.