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Festschrift zum fünfhundertjährigen Geburtstage von Johann Gutenberg / im Auftr. d. Stadt Mainz hrsg. von Otto Hartwig
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LIMPRIMERIE EN FRANCE AU XVe SIÈCLE.

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Il en fut autrement de Mathias Huss 192 , peut-être parent et successeur de Martin Huss ,qui, dès le 12 mai 1482, publiait à Lyon une nouvelle édition du Miroir de la rédemp-tion humaine 193 . Il fut, lui, des plus habiles et des plus féconds : pendant près de trenteannées, tantôt seul, tantôt avec le concours de Pierre de Hongrie (1483) 194 , de JeanSchabler, dit Wattenschnee, de Botwar (1483-1484) 195 , ou de Jacques Buyer (1487 et1499), il lança sur le marché de nombreux livres, souvent remarqués pour leurs illus-trations. Il avait adjoint en effet à son imprimerie un atelier de gravure sur bois,travaillèrent dabord des Allemands, qui, selon M. Rondot 196 , venaient dAugsbourg oucopiaient les planches employées dans cette ville. Ses ouvriers imitèrent cependantdautres modèles encore : on a retrouvé dans un Breviarium decretorum sorti de samaison (6 juillet 1484), un bois de style florentin qui avait servi à Milan en 1478 et1479 197 . Plus tard, linfluence française prédomina 198 .

Mathias Huss avait pris avec Pierre de Hongrie , un collaborateur qui avait déjàfait ses preuves. Celui-ci avait imprimé, en 1482, au moins deux volumes: lun, le Voca-bularius breviloquus, avait été copié sur lédition que Jean Amerbach en avait donnée àBâle deux ans auparavant 199 . Il ne resta pas longtemps avec Huss et revint assez viteà son atelier: par malheur, on na conservé que peu de ses ouvrages 200 .

Les caractères quil avait possédés avant son association avec Huss, passèrent pro-bablement en partie entre les mains de Sixte Glockengiesser 201 , venu de Nôrdlingen àLyon, il résida de 1485 à 1499. On na guère signalé quun traité dAugustin dAn-cône , qui ait paru avec sa signature 202 . Il se trouvait donc confondu dans cette fouledimprimeurs étrangers, qui, à peu près dénués de ressources, publiaient à peine quel-ques opuscules ou livres dun usage courant. Parmi eux vint se réfugier un typographe,dont le nom est maintenant célèbre: le fameux Jean Neumeister 203 .

Mayence avait été sa ville natale, et Gutenberg lavait très probablement compté aunombre de ses ouvriers 204 . Il est difficile de le suivre pendant les premières annéesaprès la fermeture de latelier du maître, mais en 1470 il était installé à Foligno avecquelques compatriotes : il y eut lhonneur de publier entre autres ouvrages, aux frais dunriche commanditaire Emiliano Orsini, la première édition de la Divine comédie (1472).Après cela, il disparut encore: on le retrouva à Mayence , il resta le temps néces-saire, pour composer, avec des caractères quon rencontra dans la suite chez Schôffer 205 ,les Meditationes de Jean de Torquemada (3 septembre 1479) et VAgenda ecclesiaeMaguntinensis. Puis il remonta le Rhin jusquà Bâle et suivit la grande migration destypographes allemands, qui prenaient la route de Lyon et du Languedoc. Il ne sarrêtaquà Albi ; je dirai plus loin à quels travaux il sy livra. Mais, au bout de quelques années,il revint encore sur ses pas jusquà Lyon , il est signalé dès 1485. Ce fut la der-nière étape de sa vie errante: installé dabord dans la maison de Claude Gibolet en larue Mercière, il imprima, avec les caractères fondus par Nicolas Wolf 206 , qui lui servaientdailleurs depuis le commencement de son séjour à Albi, le fameux Missel de Lyon (1487), un véritable chef-doeuvre 207 . Le manque de ressources fut sans doute la causedu chômage de son atelier, qui devait attendre les commandes pour produire: à peinesignale-t-on qui en soient sortis une édition non datée de la Vita Antechristi 208 , le Bré-viaire de léglise de Vienne (24 janvier 1490), un Rationale de Guillaume Durand 209 ,et enfin le Missel dUzès, livré à lévêque Nicolas Maugras, le 5 août 1495. Il est à