366
L.-H. LABANDE
avec Antoine Lambillon, le 2 mai 1491, le Lilium médicinale de Gordon. Mais c’està peine s’il resta deux années dans la cité lyonnaise : il disparut après avoir édité YAureapractica libellorum (15 février 1493) 237 . Même son associé Lambillon 238 cessa bientôtaussi ses travaux typographiques 239 .
Jacobino Suigo 240 , de San Germano (Piémont), après avoir imprimé dans son paysnatal (1484), à Verceil (1485) et à Chivasso (1486), s’était échoué à Venise en 1487,d’où il data un de ses ouvrages. Mais il en était reparti après avoir renouvelé sonmatériel et s’était établi à Turin, en octobre 1487. Là il avait fait un plus long séjour;pourtant, en 1496, avant d’avoir fermé l’atelier qu’il y avait monté, il était venu en ouvrirun autre à Lyon 241 , où il imprima „cum litteris venetis“. Ce fut, semble-t-il, sa dernièreétape 242 ; il y eut pour associé, un Catalan, Nicolas de Benedictis 243 , qui arrivait certaine-ment encore de Venise, où il avait signé, en 1481, une édition des /nsfitofesdejustinien 244 .Le même Nicolas de Benedictis devint aussi (1509, 1510) un collaborateur dejacoboZacchoni, le compatriote de Suigo 245 , qui débuta à Lyon, en 1498, avec des caractèresvénitiens et qui entretint de si nombreuses relations avec les Koberger de Nuremberg.
Bonin de Boninis 246 , arrivé quelques années auparavant (1491), se contenta pendantles premières années de faire le commerce des livres; pourtant il doit être cité commeun des meilleurs agents de l’influence italienne. Né à Raguse, il avait exercé l’art typo-graphique à Venise en 1478, puis à Vérone de 1481 à 1483 et enfin à Brescia jus-qu’en 1491. Peut-être se décida-t-il à établir une nouvelle presse à Lyon en 1499,car on a de lui de superbes éditions de cette date, avec gravures dues à des artistes del’Italie 247 .
Mais c’est assez s’occuper des imprimeurs étrangers: les Français qui ont exercé àLyon ont droit aussi à une mention fort honorable, d’autant plus que parmi eux il y eutdes graveurs d’un grand talent qui perfectionnèrent l’art du livre. Comme typographes,Guillaume Balsarin 248 , imprimeur du roi en 1502, Jean Dupré, Jacques Maillet, PierreMaréchal et Barnabé Chaussard, Jean de Vingle, Jean Bachelier et Pierre Bartelot, ClaudeDaygne, Jean Pivard et François Fradin, Jacques Arnollet, etc., ne restèrent pas au-dessous de leurs concurrents allemands ou italiens.
Jean Dupré 249 est certainement un des plus connus et ses éditions sont de celles quiont eu un aspect des plus artistiques. D’ailleurs n’avait-il pas un atelier de gravure 250 , oùtravaillaient jusqu’à 17 ouvriers de divers pays? Il venait, selon toute vraisemblance 251 , deSalins, où il avait imprimé de 1483 à 1485. Ses débuts à Lyon eurent lieu dans l’atelierde Philippi, avec lequel il signa une édition française des Vitae patrum de S. Jérôme(janvier 1487) 252 ; mais, quelques mois après cette dernière date, il était seul à publier unePostilla Guillermi super evangeliaet epistolas (30 novembre 1487) 253 . Il ne tarda pas àse distinguer, comme il le dit lui-même, „arte et ingenio" ; aussi sa réputation s’étendit-elle dans les pays voisins. Il fut appellé à Uzès et à Avignon en 1493 et 1497, mais aprèschacun de ses voyages il revint à Lyon , où il imprima jusqu’en 1503.
Jacques Maillet 254 , établi peut-être à Lyon dès 1483 255 , comme le Bressois PierreMaréchal 256 et Barnabé Chaussard 257 , de Nevers , qui furent associés de 1493 à 1511, serecommanda par de très intéressantes éditions de livres français , qu’il exportait dansle nord de l’Italie . Il posséda même un dépôt à Venise, où il eut la qualité de libraire-juré; le 14 avril 1500, il y mettait en vente le nouveau Missel de Besançon 258 .