368
L.-H. LABANDE
témoignage de l’association de ces deux typographes: „Henrici Tornerii, de Botwar,[et] Martini Huss opus“ 274 .
MartinHuss a donnéàToulouse un certain nombre d’éditions 275 ; mais il n’en a signéaucune, et il n’en a daté qu’une seule du 20 juin 1476. Son séjour en cette ville dutêtre relativement court, car l’année suivante il était à Lyon avec les caractères provenantde chez Wenssler. On a remarqué 276 qu’à Toulouse il avait pu avoir pour collaborateurJean Siber, qui imprima avec lui à Lyon, ou tout au moins tenir de lui un assortimentqu’à son départ il aurait laissé à Parix. Cela n’est pas impossible et je ne suis pas éloignéde croire que dans le premier atelier toulousain Martin Huss, Henri „Tornerii“, JeanSiber et même Jean Parix avaient travaillé côte à côte. Mais Huss et Siber disparurentvite 277 ; „Tornerii“ et Parix contractèrent sans doute alors l’association constatée en 1483,lorsque ce dernier prit à son compte une dette de son collègue 278 .
Si on ne sait rien de plus de „Tornerii“ 279 , Parix a laissé plus de souvenirs. Origi-naire d’Heidelberg, il vécut à Toulouse jusqu’en 1502 280 . Les ouvrages qu’on lui con-naisse avec dates certaines sont de 1479 à 1482 et 1489; il faut encore observer quebeaucoup d’autres sont sans aucune indication bibliographique 281 . En grande majorité,ils traitent des matières de droit, ce qui s’explique dans une ville universitaire; mais ony remarque aussi des livres en langue espagnole. Il avait d’ailleurs des dépôts en Es-pagne, par exemple à Valence, Pampelune et Saragosse 282 . En 1489, il signait seséditions avec Étienne Clébat, Allemand, qui était plutôt „molayre de libres", ou fondeurde caractères, qu’imprimeur 283 .
Le typographe le plus actif de Toulouse fut certainement Henri Mayer, qui étaitarrivé d’Allemagne et peut-être de Bâle 284 , en 1484 au plus tard. Du reste, nombreuxfurent ses ouvriers et collaborateurs: on sait les noms d’un certain nombre 285 , AndréSchmidt (1485-1490), Jean de Kreuznach (1490-1491) 286 , le marchand de livres Pierrede Hongrie ( 1491-1492) 287 , les imprimeurs Jean de Bazaler, Jacques Balter (Walter?),Vordelin Urterin (1492), Jean Jourdan, Jean Burger,Jean Kubler, deThann; AmbroiseBrockseser, etc. et peut-être encore Bernard Intzverger, de Spire 288 . Comme on le voit,la plupart étaient de la même nationalité que Mayer. Un tel atelier ne pouvait qu’êtrebien fourni de matériel; les impressions de Mayer sont certainement les plus belles etles mieux soignées de Toulouse.
Nous savons d’ailleurs positivement que lui-même, versé dans l’érudition, entretenaitdes relations assez étroites avec Trechsel, le fondeur et imprimeur de Lyon, au pointde préparer une édition pour lui 289 . Selon toute vraisemblance, c’est par son inter-médiaire qu’il acquit au moins une partie des caractères lyonnais 290 qu’il employa.
La liste des ouvrages que l’on a relevés comme imprimés par lui est déjà longue etil est certain qu’elle recevra encore de notables accroissements, surtout après l’explo-ration des bibliothèques d’Espagne 291 . Mayer édita, en effet, beaucoup de livres espagnols fort recherchés aujourd’hui 292 . Il dut mourir tout à fait à la fin du XV e siècle. Parixacheta son matériel et le rétrocéda, le 8 avril 1501, au libraire Jean Grandjean, qui lerepassa encore, le 9 juillet suivant, moyennant 200 écus, au papetier Thibaud Monin età l’imprimeur Nicolas Garaud 293 .
On a cité aussi parmi les typographes toulousains du XV e siècle, l’Allemand Jean deGuerlins, de qui l’on a une édition des Ordonnances royales pour le Languedoc, pro-