370
L.-H. LABANDE
tères ont bien le même aspect, mais pour ceux de la dernière catégorie on s’est servid’une nouvelle fonte, dans laquelle des capitales d’un style semi-gothique ont éliminé uncertain nombre de capitales primitives.
Le premier de ces deux groupes semble bien être l’oeuvre de Solidi à Vienne ; il com-prend un certain nombre d’opusculesou traités, dont la liste provisoirea été donnée par Mlle.Pellechet sous la désignation de type C 31S . Il est à peu près certain que Solidi inauguraégalement la dernière série et qu’il fit par exemple les deux tirages des Statuta Vien-nensia, que l’on a conservés à Grenoble 316 ; mais il dut mourir bientôt, et son matérielpassa entièrement à Éberhard Frommolt, de Bâle 317 , qui était peut-être un de ses anciensouvriers. Frommoltcontinuales travaux de Solidi et publia plusieurs éditions connues 318 ;il en signa même deux de son nom, qu’il data des 24 juin et 19 novembre 1481 319 . Iln’y a pas de raisons de croire qu’il les ait imprimées ailleurs qu’à Vienne.
Peu de temps après lui, un autre Allemand, Pierre Schenck, celui qui alla plus tard(1485) à Lyon s’associer avec Gaspard Ortuin, avait fondé à Vienne un nouvel atelier.Il y a signé une édition (1484) avec gravures sur bois de l’ouvrage l’Abuzé en court,fort connu à Lyon où il avait d’abord paru, un Traité des eaux artiflcieles 320 , le Congiépris du siècle séculier et les Sept pseaulmes mis en françois 321 . L’identité absolue descaractères lui fait encore attribuer une Histoire de Grisélidis et une Vie de Jésus-Christ 322 ,illustrée de bois qui ornèrent une autre édition du même ouvrage donnée par GuillaumeLe Roy, à Lyon , en 1488 323 .
La Franche-Comté, en relations constantes avec Lyon et les cités rhénanes, devaitfatalement avoir au XV e siècle la visite d’imprimeurs. Besançon , en particulier, avait unmarché de livres des mieux achalandés, et nous savons par maints documents que, depuis1470 au moins, les ouvrages édités à Cologne, Bâle, Strasbourg, Lyon et même Venise,Milan, Rome et Naples y arrivaient, quelquefois immédiatement après leur publication 324 .De même, lorsqu’on songea à imprimer les livres liturgiques de la province, c’est à Bâle ,chez Bernhard Richel 325 , que l’on s’adressa.
Toutefois ce ne fut pas dans la capitale de la Franche-Comté, mais à SALINS ques’établit la première presse 326 . On a supposé que des raisons politiques avaient déter-miné le choix de cette ville; l’influence de l’archevêque Charles de Neufchâtel et laprotection accordée par les chanoines de Saint-Anatoile de Salins expliqueraient lacréation de l’atelier, que dirigea dès 1483 327 un certain ,Johannes de Pratis“. Ce typo-graphe y composa en 1484 le Bréviaire de Besançon 328 et en 1485 le Missel du mêmediocèse, ce dernier ouvrage avec la collaboration de Benoît Bigot et Claude Bodram 329 .Puis il disparut; sans doute il alla de là à Lyon , où dès janvier 1487, le célèbre,JohannesdePrato“, probablement le même personnage, travaillait avecNicolasPhilippi 330 .
A l’initiative de Jean Amerbach, de Bâle , sont dues les autres impressions exécutéesen Franche-Comté au XV e siècle. Le prêtre d’Augsbourg , Pierre Metlinger, ancienétudiant de Bâle 331 , qui vint faire rouler ses presses à Besançon, Dole et Dijon , n’était queson délégué ou représentant. C’est à BESANÇON 332 que Amerbach l’envoya d’abord,avec des bois pour initiales qu’il avait déjà employés et les trois séries de caractèresqu’il avait fondues d’après les modèles d’Adolf Rusch , l’imprimeur strasbourgeois 333 .Avec ce matériel il commença par éditer en 1487 le Regimen sanitatis d’Arnaud deVilleneuve, et peut-être le Liber physionomiae de Michel Scotus 334 ; il entreprit