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ensuite la publication d’un in-folio divisible en deux parties au gré des acheteurs: lapremière comprenait les Statuts synodaux de l’église de Besançon et le Spéculumsacerdotum ; la seconde, le Spéculum animae peccatricis de Denys le Chartreux, lesCanones poenitentiales, le De horis canonicis dicendis, l’Ars bene moriendi et le Spé-culum ecclesiae d’Hugues de Saint-Cher. Le tout fut terminé le 1 er mars 1488. EnfinMetlinger, dans le courant de la même année, donna une édition in-4° des mêmesopuscules, avec en moins les Statuts et en plus le Spéculum humanae vitae de Rodriguede Zamora et le Spéculum conversionis peccatorum 335 .
Puis, il reprit son bagage 336 , et sur l’ordre sans doute d’Amerbach , il se transporta enla ville de DOLE, siège du parlement de Franche-Comté 337 . Il s’agissait d’imprimer, d’unepart, les Coutumes et ordonnances du parlement du comté de Bourgogne, complétéespar les ordonnances édictées à Salins en 1481 et 1489, et d’autre part, les Coutumesgénérales et ordonnances des parlements du duché de Bourgogne . De ces deux in-folios, le premier fut achevé le 31 mai 1490; le second, à peu près de la même impor-tance, ne fut pas daté 338 .
L’année suivante,Metlinger avait quitté Dole 339 pour la ville de DIJON , déjà très fré-quentée par les marchands de livres imprimés 340 . Sa venue fut certainement provoquéepar Conrad de Leonberg, secrétaire de l’abbé de Cîteaux , qui était en correspondanceavec Amerbach 341 . La preuve en est qu’il fut installé dans la maison du Petit-Cîteaux,en la rue Saint-Philibert, et qu’il exécuta seulement les travaux qui lui furent confiéspar l’abbé Jean de Cirey . Ce fut d’abord la Collectio privilegiorum ordinis Cisterciensis,suivie d’un abrégé de la vie des saints de l’ordre 342 , qui fut achevée le 4 juillet 1491.Remarquons que, pour en composer le texte, Metlinger dut demander à Amerbach delui faire parvenir de nouveaux caractères 343 .
L’abbé de Cîteaux lui donna encore à imprimer la Disputatio inter inferiora corporaet superiora de Mafeo Vegio, dont il fit les frais (4 août 1492), ainsi qu’une Vie de S.Bernard Mi . Peut-être lui confia-t-il encore d’autres labeurs 345 , mais on n’en a conservéaucun souvenir. Sa mission accomplie, Metlinger fit reprendre à ses ouvriers et à sonmatériel le chemin de Bâle; quant à lui, on l’a signalé à la fin du XV e siècle à Paris , oùil gérait les intérêts d’Amerbach 346 .
Son exemple ne tarda pas à être suivi par un autre imprimeur de Bâle , le Stras-bourgeois Michael Wenssler. J’ai déjà dit qu’après avoir exercé pendant de longuesannées, ce typographe avait été ruiné et avait vendu son atelier le 20 mars 1490. Oncite bien deux éditions en petits caractères qu’il signa à Bâle les 1 er mars et 1 er avril 1491 ;.mais comme on a retrouvé les mêmes éléments typographiques chez Amerbach , on apensé que c’est ce dernier qui les a faites pour le compte de Wenssler 347 . La difficultéest maintenant de savoir par qui et où a été imprimé, avec ces mêmes caractères, le Bré-viaire de Cluny de 1492; faut-il croire que l’abbé de Cluny a fait exécuter ce labeurpas Jean Amerbach à Bâle, ou que Amerbach a confié une partie de son matériel àWenssler, pour venir en France ? La question reste douteuse, quoi qu’on ait dit à ce sujet 348 »
Wenssler fut certainement à CLUNY en 1493. Il termina, dans les bâtiments de cetteabbaye 349 , le Missel et le Psautier à l’usage des religieux de l’ordre, aux dates des 9 juin1493 et 22 janvier 1494 350 . Ces volumes, qui témoignent de son habileté professionnelle,ont été composés avec de magnifiques caractères, qui ne provenaient ni du fonds.