372
L.-H. LABANDE
d’Amerbach, ni du sien propre : mais c’étaient de semblables qui avaient permis à MathiasHuss d’éditer à Lyon le Missel romain de 1485. Il est donc vraisemblable que Wensslerles avait loués à Huss.
Ces types se retrouvent dans des fragments d’autres livres liturgiques, par exempled’un second Missel de Cluny et d’un grand Bréviaire 351 , qui ont été retrouvés avec desfeuillets du Psautier de Cluny de 1494. Wenssler les composa peut-être encore dans lamême abbaye, en 1492 ou 1493.
Mais, avant l’achèvement de son Psautier, il avait envoyé à MÂCON une équiped’ouvriers, qu’il alla rejoindre aussitôt après. Ce fut pour publier, le 10 mars 1494 352 ,un Diurnal, en 400 feuillets in - 8°, à l’usage de l’église Saint-Vincent de Mâcon , et auxfrais d’un ou de plusieurs marchands de cette ville 353 . Ensuite il se dirigea vers Lyon , oùnous l’avons trouvé fixé dès 1494.
Quelques mois auparavant, l’imprimeur bien connu Jean Dupré était rentré aussi àLyon , d’un voyage qu’il avait entrepris dans le Midi. A l’instigation de l’évêque NicolasMaugras, qui voulait réformer les livres liturgiques de son diocèse, il était venu avec unepartie de son matériel à UZÈS : le 2 octobre 1493, il y acheva d’imprimer le Bréviairede cette église 354 ; puis, sans attendre la commande d’autres labeurs, par exemple duMissel 355 , il reprit le chemin de Lyon 356 .
Il agit à peu près de même quatre ans plus tard, lorsque le prolégat du Pape, Clémentde La Rovère, le fit venir en AVIGNON aux frais de la ville 357 (mars et mai 1497). Cettecité n’avait pourtant pas été tout à fait déshéritée du côté de l’art typographique après lestentatives infructueuses de Waldfoghel, car nous avons la preuve que, le 10 novembre1485, un prêtre du nom d’Isoard Eymard (Hemary, alias More), „impressor librorum®,s’était établi en Avignon 358 . Cependant on ne peut citer aucun livre paru dans cetteville avant l’arrivée de Dupré. D’ailleurs, malgré la protection évidente des pouvoirspublics 359 , celui-ci ne semble pas y être resté longtemps: il publia, le 15 octobre 1497,aux frais de NicolasTépé, riche bourgeois avignonais, le LucianiPalinurus 360 , puis il re-tourna encore à Lyon . Mais ce ne fut pas sans laisser au moins une de ses fontes, qu’ilconfia pendant quelques années 361 à un de ses collègues, le Picard Pierre Rohault, qu’ilavait emmené avec lui ou qu’il fit partir de Lyon aussitôt qu’il y fut rentré 362 . Rohaultexécuta en Avignon toute une série d’ouvrages: l 'Amaldi Badeti breviarium (1499), leDirectoire du P. Jean Colombi (28 novembre 1499) et des traités juridiques d’Odofredode Bénévent, de Pietro de Ubaldi et de Jordano Briccio 363 , fort appréciés dans une villedotée d’une Faculté de droit très florissante. Ces quatre dernières éditions de Rohaultsont dues à un noble commerçant avignonais , Dominique d’Anselme, qui en fit les frais,les signa ou les marqua des armoiries de sa famille 364 .
Le même Dominique d’Anselme paraît avoir été aussi le commanditaire d’un autreimprimeur, Jean de La Rivière (de Riparia), dont il se porta caution quand celui-ci sechargea (7 et 9 octobre 1500) de composer et de livrer au prix de 513 florins, 300exemplaires du Bréviaire de l’église d’Arles 365 . Ces exemplaires semblent tous perdus 366 :nous ne savons donc pas si Jean de La Rivière imprimait avec les mêmes caractères queRohault, et s’il travaillait avec lui dans le même atelier.
L’évêque d’Uzès et le prolégat d’Avignon , en appellant auprès d’eux un typographelyonnais , n’avaient fait qu’imiter l’archevêque de NARBONNE, Georges d’Amboise, qui,