376
L.-H. LABANDE
la nature des travaux de Waldfoghel. Selon lui en effet, l’art pratiqué par ce dernier consistait à com-poser, avec des caractères mobiles, des mots et même des phrases qu’il reportait par pression sur lareliure des livres. Il faut observer au contraire que ni Waldfoghel ni ses associés ne s’occupaient enaucune façon de reliure, et que Waldfoghel s’engageait à apprendre à ses associés un art d’écrire arti-ficiellement entièrement indépendant et qui se suffisait à lui-même. Si l’on admet le système duDr. Hartwig, de quelle utilité auraient été les formes employées par lui? D’ailleurs, à un autre endroitde son étude, le savant auteur reconnaît lui-même que Waldfoghel avait en sa possession plus d’outilsque ce qui était nécessaire pour imprimer sur des reliures.
9. Remarquons que ni M. l’abbé Requin, qui eut l’avantage d’ailleurs très mérité de découvrir les docu-ments avignonais, ni aucun autre auteur français sérieux, n’a songé à le dire et à contester la prioritéde Gutenberg .
10. Je ne cite que les témoignages donnés en France , sans aller chercher ceux qui sont connus d’ailleurs,afin de démontrer qu’en France on ne pensa jamais à attribuer à un autre l’honneur de la découvertede l’imprimerie.
11. Cette lettre a été reproduite en héliogravure parM. L. Delisle en 1889 (Paris , Champion, in -8°), pourla Soc. de l’hist. de l’Ile-de-France.
12. Robert Gaguin n’oubliait pas non plus, sur la fin de sa vie (lettre du 19 nov. 1497), d’attribuer à l’Alle-magne une si belle invention : cf. Madden, p. 10.
13. Tous ceux qui ont parlé des premiers temps de l’imprimerie en France ont cru à la réalité de cettemission; il serait trop long de citer même leurs noms, mais je dois rappeller l’étude que M. KarlDziatzko lui a consacrée, Die Ordonnanz Karls VII. von Frankr. vom 4. Okt . 1458, dans le SammlungBibliothekswissensch. Arbeiten, Heft 2, p. 41.
14. On devrait tout au moins en trouver mention dans les pièces de comptabilité, mais on n’a rien; lapersonnalité même de Jenson à cette date échappe à la critique historique. Était-il à Tours ou à Paris?
15. La raison qu’on en donne: méfiance de Louis XI vis-à-vis des serviteurs de son père, n’expliqueabsolument rien. Ce n’est pas sérieux. A son retour de Mayence, rien n’empêchait Jenson de fonderune imprimerie à lui, même sans aucune subvention royale.
16. Aug. Bernard, De l’orig. et des débuts de l’impr. en Europe, t. I, p. 254; t. II, p. 254, 289, 291,293, 295;Ph. Renouard, Imprimeurs parisiens, p. 141. — On peut encore citer l’incunable 111 de la Biblio-thèque d’Aix-en-Provence (Hain, No. 15698), qui fut donné par Schôffer lui-même aux moines de Sainte-Croix de Paris , en 1477.
17. A. Bernard, t. II, p. 331 ; Renouard, p. 179.
18. Principalement Paris , grâce à son Université et à sa situation de capitale du royaume.
19. Cf. la lettre des prototypographes à Louis XI citée ci-après. On sait aussi que le roi leur accordades lettres de naturalité au mois de février 1475.
20. Il accorda à ces éditeurs étrangers l’exemption du droit d’aubaine : A. Bernard, t. II, p. 331 ; Renouard,p. 179 et 202. — Cette bienveillance de Louis XI , qui se manifesta si souvent pour les imprimeurs,montre le peu de cas que l’on doit faire de la légende qui le montre repoussant Nicolas Jenson à sonretour de Mayence .
21. J’ai déjà signalé les voyages de Fust et de Schôffer à Paris . Le nom d’Hermann de Stadtborn, repré-sentant de Fust et Schôffer, et plus tard ceux de Jean Van den Bruck et de Jean Blumenstock, dit Heidel-berg, agent des Koberger , sont aussi bien connus.
22. Cf. L. Delisle, Avertissement à l’Épître adresseé à Robert Gaguin, le 1 er janvier 1472, par GuillaumeFichet, p. 4 et 5. — Voir aussi, mais avec réserve, Dr. Desbarreaux-Bernard , De quelques livres im-primés au XV e siècle sur des papiers de différents formats, p. 20.
23. Sur l’atelier de la Sorbonne, cf. surtout J.-P.-A. Madden, Lettres d’un bibliographe, 5 e série, p. 146 etsuiv. ; Jules Philippe, Origine de l’imprimerie à Paris; A. Claudin , The flrst Paris Press (Société biblio-graphique de Londres) ; Les origines de l’imprimerie à Paris (extrait du Bulletin du bibliophile, 1898-1899).
24. On a même été jusqu’à supposer qu’il avait été correcteur dans un atelier mayençais. Il est certaincependant qu’il posséda de très bonne heure des volumes sortant des presses de Gutenberg , Fust etSchôffer (J. Philippe , op. cit., p. 26).
25. Il y connut certainement Berthold Ruppel et Michael Wenssler.